Quelles sont les règles du forfait jours selon le code du travail 

Le forfait jours impose un nombre maximal de jours travaillés par an, en garantissant autonomie, respect du repos et équilibre vie pro/perso.

Le forfait jours est un mode d’organisation du temps de travail permettant de décompter le travail non plus en heures, mais en nombre de jours travaillés sur l’année. Selon le Code du travail français, le forfait jours s’applique principalement aux cadres ou salariés autonomes dont la durée du travail ne peut être prédéfinie de façon précise. Les règles clés encadrant ce dispositif sont définies pour garantir à la fois la flexibilité de l’organisation du travail et la protection de la santé des salariés.

Nous détaillerons les principales règles du forfait jours selon le Code du travail, en expliquant les conditions d’application, les obligations de l’employeur, ainsi que les limites légales à respecter. Nous aborderons notamment : les critères d’éligibilité au forfait jours, la durée maximale du travail, le suivi du temps de travail, les périodes de repos obligatoires, et les implications de ce système sur le droit au repos et à la santé. Vous découvrirez ainsi un panorama complet des dispositions légales à connaître pour comprendre comment fonctionne le forfait jours dans le droit français du travail.

1. Conditions d’application du forfait jours

Le forfait jours ne peut être mis en place que pour les cadres ou salariés disposant d’une autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps. Il doit être prévu par un accord collectif d’entreprise ou, à défaut, par une convention collective. Sinon, son application n’est pas possible légalement.

2. Nombre maximal de jours travaillés

La durée maximale annuelle est en général fixée à 218 jours par an, ce qui correspond à un nombre de jours ouvrés moins les congés et jours de repos. Ce plafond est essentiel pour protéger la santé des salariés et éviter les surcharges de travail.

3. Suivi et contrôle du temps de travail

Le Code du travail impose à l’employeur d’établir un système de suivi régulier sur le nombre de jours travaillés ainsi que la charge de travail. Cela vise notamment à garantir le respect des temps de repos obligatoires et à éviter les risques professionnels liés au surmenage.

4. Temps de repos et congés

  • Le salarié en forfait jours bénéficie des repos hebdomadaires d’au moins 24 heures consécutives, s’ajoutant aux 11 heures de repos quotidien.
  • Il doit également pouvoir prendre ses congés payés, généralement de 5 semaines par an, comme tout salarié.

5. La négociation individuelle et le contrat de travail

La mise en place du forfait jours implique une clause spécifique dans le contrat de travail ou un avenant. Elle doit être acceptée expressément par le salarié. En cas de refus, le salarié reste soumis au régime classique de décompte du temps de travail en heures.

Conditions d’éligibilité et catégories de salariés concernés par le forfait jours

Le forfait jours est un dispositif particulier de décompte du temps de travail qui diffère du système classique basé sur un nombre d’heures. Pour pouvoir bénéficier de ce mode d’organisation, des conditions strictes d’éligibilité doivent être respectées, selon les dispositions du Code du travail.

Les conditions d’éligibilité au forfait jours

  • Statut du salarié : Le forfait jours s’adresse exclusivement aux salariés dont la durée du travail ne peut être prédéterminée et qui ne sont pas soumis à un contrôle horaire strict, comme les cadres autonomes ou ceux dont la charge de travail demande une grande flexibilité.
  • Volontariat du salarié : La mise en place du forfait jours doit se faire avec l’accord explicite du salarié. Il ne peut s’imposer sans son consentement.
  • Caractéristique du poste : Le poste doit nécessiter une organisation du temps de travail qui ne se mesure pas uniquement en heures, mais en jours. Cela est notamment le cas pour les fonctions à responsabilités, où la performance est évaluée davantage sur la réalisation des objectifs que sur la présence.
  • Accord collectif ou convention : Le recours au forfait jours doit être encadré par une convention collective, un accord collectif d’entreprise ou d’établissement, garantissant le respect des dispositions légales et la protection du salarié.
  • Suivi effectif du temps de travail : Malgré la flexibilité accrue, l’employeur doit mettre en place un système de suivi quotidien du nombre de jours travaillés ainsi qu’un contrôle de la charge de travail pour prévenir toute surcharge.

Les catégories de salariés concernées

Les salariés relevant du forfait jours sont généralement :

  • Les cadres dits « autonomes » ou dirigeants : Ceux exerçant des responsabilités importantes sans être sous un contrôle horaire strict. Ces cadres disposent souvent d’une grande liberté dans l’organisation de leur travail.
  • Les salariés ayant une grande liberté dans l’organisation de leur emploi du temps : Ce sont des collaborateurs dont la charge de travail fluctue considérablement et qui gèrent eux-mêmes leurs plages horaires, comme certains commerciaux ou consultants.
  • Les salariés dont la nature de l’activité ne permet pas un suivi quotidien précis des heures : Par exemple, les professions intellectuelles, la recherche ou les fonctions nécessitant des déplacements fréquents.

Exemple concret

Une entreprise de conseil en stratégie déploie un forfait jours pour ses consultants seniors. Ces derniers n’ont pas d’horaires fixes car ils passent beaucoup de temps en mission chez les clients, et leur travail se mesure en fonction des projets livrés plutôt que des heures strictes. La mise en place du forfait jours leur permet de bénéficier d’une flexibilité maximale tout en respectant leurs temps de repos et jours de congé.

Recommandations pour l’employeur

Pour mettre en place un forfait jours en toute légalité, il est conseillé de :

  1. Vérifier l’existence d’un accord collectif couvrant le forfait jours.
  2. Recueillir l’accord écrit du salarié, après l’avoir informé précisément sur les conditions et conséquences.
  3. Mettre en place un système de suivi du nombre de jours travaillés, permettant de contrôler la charge de travail réelle et d’assurer le respect des temps de repos.
  4. Veiller au respect de la santé et de la sécurité des salariés, notamment en surveillant les risques de surcharge de travail.

Tableau récapitulatif des critères d’éligibilité au forfait jours

CritèreExigenceJustification
Type de posteCadres autonomes ou salariés à forte liberté d’organisationPermet une gestion flexible du temps de travail
Accord du salariéAccord écrit obligatoireRespect des droits du salarié et validité juridique
Collectif applicableAccord collectif, convention ou charteCadre légal pour la mise en œuvre du forfait jours
Suivi du tempsSuivi des jours travaillés et contrôle des horairesPrévention des risques de surcharge et respect de la santé

Questions fréquemment posées

Qu’est-ce que le forfait jours ?

Le forfait jours est un mode de décompte du temps de travail en nombre de jours travaillés dans l’année, sans compter les heures. Il s’applique principalement aux cadres et salariés autonomes.

Qui peut bénéficier du forfait jours ?

Ce dispositif concerne les salariés dont la durée du travail n’est pas comptabilisée en heures, notamment les cadres ayant une autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps.

Quelles sont les limites légales du forfait jours ?

Le nombre maximum de jours travaillés est généralement fixé à 218 jours par an, incluant les jours de travail effectif mais excluant les congés et jours fériés.

Comment est encadrée la durée du travail ?

La durée maximale de travail par jour et la protection de la santé du salarié restent applicables, même en forfait jours, avec un suivi régulier de la charge de travail.

Existe-t-il un accord ou une convention collective nécessaire ?

Oui, la mise en place du forfait jours nécessite un accord collectif ou une convention collective précisant les conditions et le suivi du dispositif.

Le forfait jours impacte-t-il le temps de repos ?

Non, les salariés en forfait jours bénéficient toujours du temps de repos quotidien et hebdomadaire selon les dispositions du Code du travail.

Points clés du forfait joursDétails
Nombre maximum de jours travaillés218 jours par an (sauf exceptions prévues par accord collectif)
Public concernéSalariés autonomes, principalement cadres
Encadrement légalAccord collectif obligatoire, suivi de la charge de travail
Suivi de la charge de travailMise en place d’un entretien annuel et d’une procédure de contrôle
Temps de reposRespect des temps de repos quotidien et hebdomadaire

Nous vous invitons à laisser vos commentaires ci-dessous et à consulter nos autres articles sur le droit du travail pour approfondir vos connaissances.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut