Peut-on toucher le chômage après une démission volontaire en France

Après une démission volontaire en France, toucher le chômage est rare, sauf cas exceptionnels comme une reconversion ou situation légitime reconnue.

En France, il est généralement impossible de toucher l’allocation chômage après une démission volontaire, car le système d’assurance chômage repose sur la perte involontaire d’emploi. Néanmoins, il existe des exceptions spécifiques qui permettent, sous conditions strictes, de bénéficier des indemnités chômage même en cas de démission. Par exemple, une démission considérée comme légitime (suite à un déménagement pour suivre un conjoint, non-paiement des salaires, ou encore en cas de projet de reconversion professionnelle accompagné) peut ouvrir droit à l’allocation chômage.

Nous allons analyser en détail les conditions pour pouvoir prétendre au chômage après une démission volontaire en France. Nous présenterons les cas dits de démissions légitimes, les démarches à suivre pour faire valoir ses droits devant Pôle Emploi, ainsi que les évolutions récentes de la réglementation qui encadrent ce sujet. De plus, nous donnerons des exemples concrets, des conseils pratiques pour préparer une démission stratégique, et un tableau récapitulatif des critères à respecter pour ne pas perdre ses droits à l’assurance chômage. Ce guide complet vous aidera à mieux comprendre les subtilités du droit du travail en matière de départ volontaire et de protection sociale.

Cas particuliers ouvrant droit à l’allocation chômage après une démission

En règle générale, une démission volontaire ne permet pas de bénéficier de l’allocation chômage (ARE). Toutefois, certains cas particuliers offrent une dérogation à cette règle, accordant un accès exceptionnel aux indemnités même après une démission. Comprendre ces situations est essentiel pour ne pas perdre ce droit fondamental.

La démission dite « légitime »

La démission légitime correspond à des démissions motivées par des raisons jugées valables par Pôle Emploi et la législation française. Parmi les motifs les plus fréquents, on retrouve :

  • Déménagement pour suivre un conjoint : en cas de mutation professionnelle du conjoint ou de départ pour son travail.
  • Démission pour cause de violences conjugales : il existe un accompagnement spécifique permettant aux victimes de toucher le chômage.
  • Non-paiement des salaires : une démission justifiée par le non-respect des obligations de l’employeur.
  • Changement substantiel des conditions de travail (modification du lieu ou des horaires, diminution significative du salaire).

Dans ces cas précis, l’administration considère que la rupture du contrat n’est pas une décision arbitraire, mais une conséquence imposée par des circonstances extérieures.

Exemple concret :

Marie, salariée dans une entreprise de marketing à Lyon, démissionne pour suivre son mari muté à Bordeaux. Grâce à ce motif légitime, elle obtient ses allocations chômage, évitant ainsi des difficultés financières liées à cette mobilité géographique.

La démission pour projet professionnel « réel et sérieux »

Depuis novembre 2019, la réforme de l’assurance chômage a introduit une nouvelle opportunité : le droit au chômage après démission pour un projet professionnel sérieux. Il peut s’agir notamment de :

  • Création ou reprise d’entreprise
  • Formation qualifiante ou reconversion professionnelle
  • Retour à l’emploi lié à un projet durable

Pour bénéficier de cette mesure, le demandeur doit remplir des conditions précises :

  1. Justifier de 5 ans minimum d’affiliation à Pôle Emploi au cours des 60 derniers mois
  2. Avoir un projet professionnel validé (certificat, business plan, inscription en formation)
  3. Déposer une demande auprès de la commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR), qui statue sous 15 jours

Ce dispositif est un vrai tremplin pour les salariés aspirant à une réorientation professionnelle ambitieuse sans compromettre leur sécurité sociale.

Conseils pratiques :

  • Constituer un dossier solide pour justifier la réalité et la viabilité du projet
  • Prendre contact avec un conseiller Pôle Emploi pour accompagner la procédure
  • Ne pas démissionner avant l’acceptation de la Commission pour ne pas perdre ses droits

Autres cas particuliers ouvrant droit à l’allocation chômage

Outre les démissions légitimes et celles fondées sur un projet professionnel, la loi considère également d’autres situations :

  • Démission suite à un harcèlement moral ou sexuel avéré
  • Démission suite à une modification du contrat de travail imposée par l’employeur et refusée par le salarié
  • Démission pour non-respect des règles de santé et sécurité au travail

Pour ce type de cas, il est indispensable de fournir des preuves solides (témoignages, rapports médicaux, lettres de l’employeur, etc.) à Pôle Emploi pour espérer une reconnaissance.

Tableau récapitulatif des cas ouverts au chômage post-démission

SituationConditions principalesAccès au chômage
Déménagement pour suivre conjointPreuve mutation professionnelle du conjointOui
Démission pour projet professionnel5 ans affiliation + validation projet par CPIROui (sous conditions)
Non-paiement des salairesJustificatifs de non-paiementOui
Harcèlement avéréPreuves médicales ou judiciairesOui
Modification du contrat de travailPreuve de modification imposée et refusOui
Démission classique sans motif légitimeAucuneNon

Questions fréquemment posées

Peut-on bénéficier des allocations chômage après une démission volontaire ?

En principe, la démission volontaire ne donne pas droit aux allocations chômage. Cependant, il existe des exceptions prévues par la loi.

Quelles sont les exceptions permettant de toucher le chômage après une démission ?

Les exceptions incluent une démission considérée comme légitime, par exemple pour suivre un conjoint muté ou en cas de non-paiement des salaires.

Comment prouver la légitimité d’une démission pour toucher le chômage ?

Il faut fournir des justificatifs à Pôle emploi démontrant la raison valable, comme un contrat de mutation ou une attestation de l’employeur.

Que faire si ma démission n’est pas considérée comme légitime ?

Dans ce cas, vous ne toucherez pas l’allocation chômage immédiatement, mais vous pouvez tenter une réexamination après 121 jours de recherche active d’emploi.

Comment s’inscrire à Pôle emploi après une démission ?

Vous devez vous inscrire sur le site de Pôle emploi et fournir tous les documents nécessaires pour étudier votre dossier.

CritèreDémission Volontaire ClassiqueDémission LégitimeDémissions exonérées (exemples)
Accès aux allocations chômageNonOuiOui, notamment pour suivre conjoint, mutuelle du salarié refusée, harcèlement
Documents requisJustification volontaireJustificatifs attestant la légitimitéPreuves spécifiques selon motif (ex : contrat mutation)
Délai d’attente avant réexamen121 jours de recherche d’emploiPas de délai d’attentePas de délai d’attente

N’hésitez pas à nous laisser vos commentaires et consulter d’autres articles sur notre site pour mieux comprendre vos droits et démarches en cas de changement professionnel.

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